Les Hautes Fagnes brûlent : la Belgique doit prévenir plutôt que guérir
🔥 Les Hautes Fagnes brûlent. Plus de 3 000 hectares ont déjà été touchés et l’incendie n’est toujours pas éteint. Face à un risque qui augmente, la Belgique doit mieux se préparer : renforcer les pompiers, améliorer la détection et l’alerte, adapter nos forêts et nos zones humides, et lutter contre le dérèglement climatique. Volt appelle à agir maintenant.
Contexte
Les incendies de végétation ne sont plus un phénomène cantonné au sud de l’Europe. De l’Espagne à l’Écosse, les feux se multiplient, gagnent en intensité et deviennent de plus en plus difficiles à maîtriser. La Belgique n’échappe désormais plus à cette réalité : les Hautes Fagnes sont en feu.
Plus de 3 000 hectares ont déjà été parcourus par les flammes dans les Fagnes et des centaines d’habitants ont dû être évacués. Les tourbières et landes des Hautes Fagnes comptent parmi les écosystèmes les plus précieux de notre pays, notamment pour leur rôle dans le stockage du carbone, la biodiversité et la régulation de l’eau. Ces milieux, constitués sur plusieurs milliers d’années, ne pourront pas être simplement recréés ou restaurés en quelques années.
L’incendie, déclaré le vendredi 14 août, n’est toujours pas éteint. Il s’agit du plus grave incendie jamais recensé en Belgique.
Volt exprime toute sa solidarité envers les pompiers, les agriculteurs, les agents forestiers et les nombreux bénévoles mobilisés face aux flammes. Nous saluons et encourageons également la solidarité européenne et l’arrivée de renforts venus des pays voisins.
Mais éteindre les flammes ne suffit pas. Il faut aussi s’attaquer aux causes et investir dans la prévention.
La priorité est de lutter contre le dérèglement climatique
Cela fait des décennies que les scientifiques mettent en garde contre le changement climatique. Il est principalement alimenté par les activités humaines, notamment par la combustion des énergies fossiles. Il favorise, entre autres, des périodes de chaleur et de sécheresse plus longues et plus intenses, qui augmentent le risque d’incendie.
La Belgique est particulièrement vulnérable au manque d’eau. Elle figure au 18e rang mondial des pays les plus exposés au stress hydrique, notamment en raison de sa forte densité de population, de la pollution, d'une forte imperméabilisation des sols et d'un drainage rapide de l'eau. Cette situation accroît notre exposition au risque de sécheresse.
En Wallonie, près de 85 % de la population vit à proximité d’une zone identifiée comme présentant un risque de feu de végétation. 234 feux de forêt y ont déjà été recensés depuis janvier de cette année, soit plus du double du nombre enregistré sur l’ensemble de l’année 2025. Les experts du CERAC alertent par ailleurs sur une aggravation significative du risque de feux de végétation dans les 10 à 15 ans.
Face à cette réalité, la réponse politique devrait être claire : anticiper, prévenir et renforcer nos capacités de protection.
Et pourtant…
Alors que les risques liĂ©s aux incendies et au dĂ©règlement climatique augmentent, la Belgique ne dispose pas de moyens suffisants pour y faire face : notre sĂ©curitĂ© civile et nos pompiers manquent de personnel et restent sous-financĂ©s. Dans le mĂŞme temps, plusieurs partis au pouvoir ont ces dernières annĂ©es cherchĂ© Ă ralentir ou Ă remettre en cause certaines mesures climatiques et environnementales.Â
C’est pourquoi Volt appelle à :
Acheter, conjointement avec le Luxembourg et les Pays-Bas, des hélicoptères anti-incendie et évaluer l’utilisation des A400M belges pour le largage aérien d’eau ou de retardant ;
Renforcer la détection et l’alerte précoce, afin d’intervenir avant que les feux ne prennent de l’ampleur ;
Créer un organisme fédéral de coordination des feux de végétation et renforcer la coopération transfrontalière, afin d’unifier les efforts d’intervention et de mobiliser rapidement des moyens supplémentaires en cas d’incendie majeur ;
Adapter la gestion de nos forêts, de nos terres et de notre eau au risque climatique, notamment en diversifiant les essences et en réduisant les monocultures de résineux vulnérables au feu ;
Créer des bandes coupe-feu stratégiques et restaurer les zones humides, afin de limiter la propagation des incendies.
Indemniser les agriculteurs mobilisés dans les Fagnes pour les heures prestées et les éventuels dommages matériels ;
Renforcer les effectifs, la formation et l’équipement des pompiers, de la Protection civile et des gardes forestiers ;
Et surtout, sortir progressivement de notre dépendance aux énergies fossiles, afin de limiter l’aggravation du dérèglement climatique.
Les incendies de demain ne sont pas une fatalité. Mais ils deviendront plus fréquents et plus dévastateurs si nous ne nous préparons pas dès aujourd’hui.
N’attendons pas la prochaine catastrophe pour agir.