Volt accueille l'Islande au sein de l'UE
L’Islande organisera le 29 août de cette année un référendum sur la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, entamées entre 2010 et 2013.
Le référendum islandais ouvre la voie à un avenir prometteur entre l’UE et l’Islande
Une décision positive renforcerait l’UE, protégerait la souveraineté de l’Islande et ouvrirait la voie à de nouveaux accords et alliances. Elle permettrait également d’accueillir de nouveaux citoyens au sein de notre communauté. La candidature de l’Islande à l’adhésion n’a jamais été retirée, comme l’a rappelé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une visite officielle en Islande en juillet 2025, même si les négociations avaient été suspendues en 2013. La validité de la demande d’adhésion est également abordée dans un mémorandum publié par le ministère islandais des Affaires étrangères.
Un peu d’histoire
Le 17 juillet 2009, la demande d’adhésion de l’Islande à l’Union européenne a été soumise au Conseil de l’Union européenne. Signée par le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères, elle a été transmise à la Suède, qui assurait alors la présidence du Conseil. Le 24 février 2010, la Commission a rendu un avis favorable et recommandé l’ouverture des négociations d’adhésion, qui ont officiellement débuté en juin de la même année. En 2013, le parti social-démocrate laisse place à une alliance de centre droit, préoccupée notamment par la perte des droits de pêche. Ce changement de gouvernement provoque l’interruption des négociations d’adhésion.
Le processus d’adhésion à l’UE comprend au total 35 chapitres de négociation, regroupés en six grands ensembles, tels que le marché intérieur, la compétitivité et les “fondamentaux”, qui couvrent notamment les questions liées au système judiciaire et aux droits fondamentaux.
Au moment de l’interruption des négociations, 27 des 35 chapitres avaient été ouverts et 11 d’entre eux avaient été provisoirement clôturés, c’est-à-dire considérés comme achevés. Les réunions d’adhésion ont eu lieu entre 2010 et 2012, la dernière s’étant tenue le 18 décembre 2012. En 2015, le gouvernement islandais a demandé que le pays ne soit plus considéré comme candidat à l’adhésion, estimant que les intérêts nationaux seraient mieux défendus en dehors de l’Union.
Pourquoi les négociations ont-elles été suspendues ?
La pêche constitue un élément fondamental de la société islandaise. Bien que cette question relève du chapitre 13 des négociations, l’Islande a suspendu les discussions sur ce chapitre et n’a pas présenté de position de négociation. Sous l’effet du réchauffement climatique, les populations de maquereaux ont migré des eaux écossaises et galloises vers les eaux islandaises, entraînant une pêche intensive de la part de l’Islande et une concurrence accrue pour l’industrie britannique de la pêche. Par ailleurs, l’Islande a été l’un des pays européens les plus durement touchés par la crise financière de 2008, avec l’effondrement de ses principales banques nationales. Pour compenser cette situation, elle a cherché à renforcer son poids économique dans les eaux internationales environnantes. Malgré l’arrêt du processus d’adhésion, l’Islande a maintenu une coopération étroite avec l’UE. Aujourd’hui, le pays est membre de l’Espace économique européen (EEE), de l’espace Schengen depuis décembre 2000 et de l’Association européenne de libre-échange (AELE). En 2021, le gouvernement a commencé à chercher à approfondir sa participation à l’EEE.
L’Islande est également membre de l’OTAN, bien qu’elle soit le seul État membre à ne pas disposer d’une armée nationale. Elle entretient par ailleurs depuis longtemps un accord bilatéral de défense avec les États-Unis.
Trump, deuxième acte
Après le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, celui-ci a commencé à évoquer les avantages stratégiques que pourrait représenter une éventuelle annexion du Groenland, territoire danois semi-autonome, tout en confondant l’Islande avec le Groenland. Cette situation a progressivement renforcé les inquiétudes du gouvernement islandais, qui a commencé à considérer le pays comme potentiellement vulnérable. En conséquence, l’Islande organise le 29 août un référendum demandant à ses citoyens si le pays doit reprendre les négociations avec l’Union européenne. À la suite de l’adoption de la résolution parlementaire nᵒ 14/157, le 28 mai, la question soumise au référendum a été formulée comme suit : “L’Islande doit-elle reprendre les négociations d’adhésion avec l’Union européenne ?” Les réponses possibles sont “Oui” ou “Non”. Même si les chapitres précédemment clôturés devront être réexaminés, ce processus devrait pouvoir avancer relativement rapidement. Il convient également de souligner qu’en mars 2026, l’Islande a signé un partenariat en matière de sécurité et de défense avec l’Union européenne.
Quels avantages pour l’Union européenne ?
Concrètement, l’adhésion d’un nouvel État constitue une opportunité pour l’Union européenne : plus de 400 000 citoyens supplémentaires et un pays économiquement performant rejoindraient l’Union. Le PIB par habitant de l’Islande étant comparable à celui de pays tels que le Luxembourg et l’Irlande, l’UE renforcerait également sa position stratégique dans le Grand Nord. L’un des éléments fondamentaux de notre Union est la possibilité offerte à davantage de personnes de travailler, de voyager et de réaliser leurs projets au sein de l’UE, contribuant ainsi à l’Europe fédérale pour laquelle nous nous battons. L’adhésion de l’Islande nécessiterait certains changements: six députés européens supplémentaires rejoindraient notamment le Parlement européen et l’islandais deviendrait la 25ᵉ langue officielle de l’Union. L’UE bénéficierait également d’un avantage important sur le plan sécuritaire. Jusqu’à présent, le Grand Nord était difficile d’accès pour l’Union, puisque l’archipel du Svalbard, qui revêt une importance stratégique, appartient à la Norvège, qui n’est pas membre de l’UE. Le Grand Nord constitue une région essentielle pour la sécurité européenne face à la Russie, notamment parce que la Fédération de Russie dispose d’importantes capacités de dissuasion nucléaire dans la péninsule de Kola.
Source : https://www.bbc.co.uk/news/resources/idt-f92bc043-3893-4688-8937-fd9cad8b0d5b
Conclusion
Du point de vue islandais, le pays perdrait une partie de son autonomie concernant les droits de pêche dans les eaux environnantes, qui constituent une source essentielle de prospérité économique pour l’île. Les pandémies et la hausse du coût de la vie ont causé un recul du tourisme en Islande. Compte tenu de la forte dépendance du pays au tourisme, cette perte d’autonomie pourrait se révéler particulièrement difficile à supporter. Toutefois, pour un pays insulaire, un meilleur accès au marché international est primordial et un isolement accru représente un risque majeur.
Avantages de l’adhésion – Islande | Avantages de l’adhésion – UE |
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Inconvénients de l’adhésion – Islande | Inconvénients de l’adhésion – UE |
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Le changement de gouvernement qui avait entraîné l’arrêt des négociations montre une nouvelle fois que l’isolationnisme ne constitue pas une réponse viable à long terme et illustre la manière dont le nationalisme peut faire obstacle au développement d’un pays.
Volt se réjouit d’accueillir l’Islande au sein de l’Union européenne. Ensemble, nous pouvons protéger notre souveraineté, nos marchés de capitaux et nos démocraties libérales. Unis, nous sommes plus forts face aux menaces extérieures, notamment aux atteintes à l’intégrité territoriale et financière ainsi qu’au non-respect des alliances et accords internationaux.